Ces jours-ci, la fondation Total rappelle à grand renfort de publicité ses actions en faveur de l’insertion des jeunes au travers du  Fonds d’Expérimentation pour la Jeunesse : « A 20 ans, on ne pense qu’à l’avenir ». De mon temps – mon âge me permet d’user de l’expression – les jeunes de 20 ans ne pensaient qu’au présent et même à en profiter un maximum.  Avant d’entrer dans l’âge – vers trente – quarante ans, où ils pensaient à l’avenir, la gestion de leur carrière, la constitution d’un patrimoine,  puis dans celui où ils  penseraient au passé.

Tiens, Total prend les ados pour des quadras, me suis-je dit. Renseignement pris auprès de mon fils aîné, qui entre dans sa 22ème année, j’ai tout faux. C’est bien à l’avenir que pensent les jeunes de 20 ans, selon lui, et cet avenir, ils ne le voient pas vraiment en rose : chômeurs ou au mieux intermittents de l’emploi, modèle de société en rade et crétinisme généralisé, destruction de l’éco-système, concurrence déloyale de seniors bénéficiant à plein de la santé obligatoire, allongement de la durée de vie dopé au trou de la sécurité sociale, retraite improbable…

Si les jeunes ne pensent qu’à l’avenir, et s’ils le voient si noir, il y aura bien un moment où ils comprendront que c’est en agissant radicalement sur le présent qu’ils pourront le bâtir: « Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi »…