Quand une idée vous trotte dans la tête et qu’elle croise sur son chemin l’idée d’un autre, votre cerveau se réveille. C’est encore plus vrai lorsqu’elle croise plusieurs points de vue, là  c’est carrément l’ébullition. C’est ce qui m’est arrivé fin octobre en lisant le nouveau post de Patrick Bedigis, le génial et charismatique fondateur de Meetings (http://www.mymeetingsondemand.com/ ), solution 2.0. tout aussi géniale de management des réunions. Géniale parce que simple d’utilisation concrète, structurante et fortement contributive à la performance de l’entreprise. Donc dérangeante pour des organisations habituées à tourner en rond.

Il fut un temps où la technologie informatique dictait sa loi en imposant des cadres rigides et déformants aux processus et pratiques « métier ». Plus tard, elle fut renversée par les savoir-faire métier, qui s’érigèrent en rois et remirent les technologies à leur place, celle de l’exécution. Quelques années plus tard, patatras. Les technologies web ont tout envahi, même la sphère privée, et bien malin qui réussirait à dessiner une ligne de partage entre les pratiques métier et les technologies qui les encapsulent ou qui les servent (respectivement les applications et les outils, bureautiques ou web). Enfin, quand je dis « bien malin », je devrais plutôt dire bien sot, tant l’intrication croissante du web, des technologies informatiques et des compétences métier rend préhistorique la séparation des pouvoirs et des usages.

Au travers de mon expérience du web 2.0 (Recruteasy, plates-formes collaboratives de projet), l’une des idées qui prenaient forme dans mon esprit et que la distinction entre des technologies toutes d’exécution et des compétences managériales « toutes de réflexion » avait fait son temps et que seuls des dirigeants obtus – Dieu sait que notre pays en compte encore – pouvaient encore y croire (ou plus exactement y faire croire) leurs subordonnés. Comme ces Présidents, ces DRH qui affichaient ostensiblement dans les années 90 (affichent encore ?…) des bureaux ostensiblement dépourvus de toute technologie plébéienne et pourvus tout aussi ostensiblement des « insignes  de la pensée » ; stylo Montblanc, agenda revêtu cuir pleine peau, bloc-notes papier vélin et photographie officielle de la famille, bibliothèque en arrière-plan. Des dirigeants qui auraient mieux fait de lire Napoléon, qui disait de la guerre qu’elle était un art « tout d’exécution », ce qui dans sa bouche n’était pas réellement péjoratif. Je clos la parenthèse. Donc mon idée était que le temps n’était plus  où le « métier » demandait et la technologie exécutait. L’intrication croissante du web, des technologies informatiques des pratiques métier faisaient qu’elles n’étaient plus dissociables, et que l’on ne pourrait bientôt plus exercer aucune profession sans « y mettre la main ».

Une autre idée qui germait était également que le temps où les entreprises pouvaient « externaliser » la gestion de leur e-notoriété, la présence de leur marque sur internet, la surveillance de ce qu’on y disait en bien ou en mal sur les réseaux sociaux et l’administration de leur « followers » à des sociétés spécialisées, ce temps-là était révolu. Qu’il leur faudrait très vite, là encore, « mettre la main au charbon », s’immerger dans ce terreau fertile nécessaire à la compréhension du monde et à la place qu’elles pourraient, devraient y jouer.

Or qu’écrit Patrick Bedigis, commentant et relayant la pensée d’Yves Caseau[1] dans son livre « Processus et Entreprise 2.0 » ? Que le web 2.0 n’est efficace que mis en œuvre par des gens qui font, pas par des gens qui font faire et encore moins par des gens qui parlent. Que l’entreprise du XXIème siècle sera une entreprise 2.0 où la ressource rare n’est déjà plus l’information mais l’attention (dans les deux sens ?), où la contribution de chacun devra être reconnue, comme dans les génériques de film (encore un de mes constats : pourquoi un tel écart entre le cinéma et l’entreprise?). Que  l’intelligence collaborative fonctionne mieux lorsqu’elle peut s’appuyer sur un objet partagé (donc sur un outil évolué pensé pour cela). Enfin que le web2.0 et le « lean » ont en commun le travail sur le terrain – je pense par exemple au fameux « contrôle visuel », 7ème principe du lean Toyota – et l’analyse des signaux faibles, à l’opposé des pratiques de direction encore dominantes qui regardent l’entreprise et l’environnement au travers de moyennes et de rapports de synthèses d’experts ou de managers. Vous voyez la connection ?

Lors d’un prochain post, je vous parlerais de l’indispensable contribution des entreprises à Wikipedia et d’un de mes partenaires, A3iS, bureau d’études et d’implantation de solutions métier qui développe une solution alternative à l’allégeance tout ERP pour vos commerciaux rebelles. Mais d’ores et déjà, si vous perdez votre temps et votre entreprise son argent dans des réunions incessantes et peu productives, prenez le temps de découvrir Meetings : http://www.mymeetingsondemand.com/. Vous avez là un vrai capital et un vrai levier d’intelligence collective.



[1] Directeur Général Adjoint de Bouygues Télécom et membre de l’Académie des Technologies. Voir son blog  particulièrement riche http://organisationarchitecture.blogspot.com/2005_09_01_organisationarchitecture_archive.html