Parmi les 600 cadres interrogés par The Economist Intelligence Unit en mars 2008, seule une moyenne de 15% déclarent avoir atteint tous leurs objectifs de transformation au cours des cinq dernières années (mais 6% pour le panel français et 10% pour celui des Etats-Unis). Une moyenne de 58% a fait aboutir la moitié ou moins de la moitié des initiatives de changement (66% pour le panel français, 75% pour les Etats-Unis). En cause, à 90% le facteur humain. Lever les doutes, vaincre les peurs, faire que les hommes se reconnaissent, convaincre, susciter l’adhésion, autant d’approches qui sont d’abord des approches de communication. La conduite du changement sans communication est strictement impossible. Or par le fait même que le mot est totalement piégé (communication instrumentalisée et dévoyée), les cabinets qui interviennent dans la conduite du changement arrivent miraculeusement et par des recettes bien gardées à faire de la conduite du changement réussie sans « communication ». Il y a là une sorte de pensée unique. Le mot tabou fait tellement peur aux cabinets qui craignent de se dépositionner et être pris pour des agences de communication. Plus profondément, la culture ingénieur est dominante et c’est l’ingénierie technique qui prime sur l’ingénierie humaine, dont les piliers sont la relation et la communication.