Dans la sphère marchande, en matière de protection de l’environnement, l’action sur la demande – i.e. les consommateurs – semble sinon dominante en tout cas nettement plus bruyante que l’action sur l’offre – i.e. les industriels et producteurs. Ce n’est pas tout-à-fait aberrant. Si les consommateurs modifient leurs comportements d’achat et plus largement de consommation en fonction de critères environnementaux, ceci aura un impact immédiat sur la pollution aval et on peut penser qu’ils influeront progressivement sur les producteurs  par une sorte d’effet “pull”. D’un autre côté, selon le principe du pollueur-payeur, c’est d’abord le producteur de produits néfastes pour l’environnement qui est le premier responsable, du fait de l’effet “pull-push” qu’il exerce sur les consommateurs via la publicité et la promotion.

Prenons l’exemple des “blister packs”, ces emballages rigides et transparents qui permettent – du fromage fêta aux appareils et accessoires électroniques – de valoriser le produit et de le protéger.  Ils sont encombrants, polluants …et dangereux pour le consommateur qui tente désespérément de les ouvrir pour accéder à l’objet convoité. Si l’on tenait compte de l’opinion des consommateurs furieux de devoir arracher au forceps le produit de son emballage, se couper profondément au passage avant de trouver un ciseau suffisamment déterminé pour tailler dans l’épaisseur du blindage, le découper ensuite pour qu’il puisse rentrer dans la poubelle sans éventrer le sac, et aggraver d’autant les problèmes de recyclage, l’emballage en question ne serait plus du tout valorisant. Si l’on tenait compte de l’opinion des consommateurs et de la pollution, on interdirait ce type d’emballage ou l’on donnerait aux consommateurs les moyens de faire entendre leur voix : ce ne serait alors ni classe affaire ni classe charter, mais simplement “class action”.