Diable, mon dernier post date de près de 5 mois ! Certes je ne suis pas à court de bonnes raisons pour justifier de ce long silence : une activité professionnelle soutenue, d’intenses remises en cause dans ma sphère privée, et cet été  prolongé comme une note sublime. Non,  si j’ai arrêté d’émettre, c’est qu’une question me trottait dans la tête : « jusqu’à quand ? ».

Cela a commencé dès le mois de juin : une sensation de pesanteur, d’étouffement dès le début de l’été, pourtant particulièrement frais comme chacun sait.  Jusqu’à quand le babillement des medias allait-il recouvrir l’orage boursier qui s’annonçait ? La réponse ne s’est pas fait trop attendre, avec un déchaînement électrique dès la mi-juillet, bien avant l’habituelle saison des orages : attaques spéculatives sur l’Italie, faillite de la Grèce, abaissement de la note de la dette américaine, effondrement des bourses. Malgré cela, la question continuait sa course lancinante dans ma tête : jusqu’à quand ? Jusqu’à quand cet été surgi à la mi-août allait-il durer ? ou combien de temps faudrait-il encore à l’économie spéculative pour « tomber » l’économie réelle ? Du coup, j’étais comme paralysé du blog, pour ainsi dire.

A présent que la météo rentre progressivement dans  « l’ ordre des choses », comme on dit, et que l’économie spéculative n’est visiblement pas prête à le faire, le doute n’est plus permis : la question qui me trotte dans la tête est bien celle qui est dans la tête de tous ceux qui jouent encore – pour combien de temps ? – un rôle actif dans l’économie réelle : combien de temps encore l’économie réelle va-t-elle tenir ?

En tout cas, le moral des entrepreneurs est en berne, et ce n’est pas du côté des primaires socialistes qu’ils auront trouvé un peu de réconfort. Il aura fallu une bonne dose de Montebourg pour obliger à injecter un peu de remède de cheval dans les programmes des candidats de la primaire socialiste. Pas pour tenter de résoudre le problème du surendettement des Etats, mais pour s’attaquer à une crise bien plus préoccupante. Celle liée au hold up – ou pour reprendre le titre de l’excellent dossier du hors-série « Manière de voir » du Monde Diplomatique (octobre-novembre 2011, en kiosque), du « casse du siècle » – réalisé par les acteurs du commerce de l’argent. Dossier que je ne saurais trop vous recommander de vous procurer, avant qu’il ne soit trop tard.

Du réconfort, ce n’est pas non plus du côté des medias qu’ils auront pu en trouver, d’ailleurs. Il a fallu Jean-Pierre Gaillard, pourtant guère réputé pour ses prises de position gauchistes, pour rappeler comme timidement, en ce vendredi 8 octobre dans l’émission « C dans l’Air » sur France 5, que seulement  6% seulement des sommes échangées sur les marchés financiers allaient à l’économie réelle. Et encore a-t-il eu juste le temps de le placer, juste avant le coup de sifflet final. Car l’économie réelle est bien la parente pauvre des apports de capitaux. Et quand les Etats mettent la main à la poche pour éviter la débâcle des Etats, des collectivités et des banques qui se sont fait piéger par les marchés, c’est encore l’économie réelle qui est mise à contribution. Un constat qui ne nécessite que du simple bon sens et qui aura pourtant échappé ce soir là autant aux brillants intervenants qu’à Yves Calvi, l’animateur de l’émission.

«Plus rien ne sera comme avant » déclaraient tous les inféodés à l’ordre financier mondial après le krach de 2008. Et si, et si, tout a continué à être comme avant, et de plus belle. D’où ma lancinante question : « Jusqu’à quand ? »