La mort de Ben Laden rouvre un nouveau chapitre médiatique, celui de la guerre contre le terrorisme, en l’occurence le terrorisme islamiste. Si le terrorisme religieux est si redoutable, c’est qu’il n’est en général pas traité sur le bon terrain. Dans le cas du terrorisme islamiste, chacun sait qu’il prend sa source chez les jeunesses sans avenir des peuples sans espoir, et qu’il se nourrit des prêches incontrôlés d’imams incontrôlables. Faute de pouvoir traiter le problème à la source, il eût fallu au moins en appeler aux plus hautes autorités de la religion musulmane pour leur demander de condamner les exhortes à la guerre sainte et prendre des mesures concrètes contre les prédicateurs fous. Ceci n’a pas vraiment été fait, ou très mal, ou trop tard.

En France, il s’est agi d’une erreur de méthode et de relation entre la République et les religions.  Aux USA, pays où Dieu est invoqué dans la Constitution elle-même, il en a été tout différemment. En utilisant le terme de “croisade” et en convoquant le grand Satan pour mener une guerre illégitime contre l’Irak, l’Amérique a placé son action sur un très mauvais terrain : celui de la guerre sainte. Et en laissant un pasteur fou tenir des discours enflammés, qui ont d’ailleurs logiquement abouti à l’autodafé consistant à brûler le Coran sous les yeux scandalisés du monde, Obama n’a pas su sortir de ce terrain miné : ne pas rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.