Ces derniers temps, des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent contre la dimension réactionnaire du trio devenu inséparable “développement durable -lutte contre le réchauffement climatique-respect de l’environnement”. Et ce qu’elles disent est de plus en plus audible : “Arrêtons d’être pessimistes, ce n’est pas la première fois que l’humanité est confrontée à de grands défis. Plutôt que de regarder en arrière et de vouloir nous changer, consacrons nos efforts à inventer de nouvelles technologies qui nous permettront de franchir le cap”. Au lieu de tenter en vain de changer le comportement des hommes et de freiner la croissance, changeons les technologies en innovant.

Ces voix n’ont pas tout-à-fait tort. Si l’on transformait les “pénalités” (Grenelle de l’environnement, quotas, taxe carbone) en “essais” (mise au point de nouvelles formes d’énergie ou de procédés de réduction de consommation d’énergie), on aurait de quoi largement financer la recherche.

Ces voix n’ont pas tout-à-fait raison.

Ce n’est pas en supprimant les pénalités que l’on renoue avec le cercle vertueux de la croissance dans le bon sens. Cela fait trop longtemps – près de 20 ans – que de très mauvaises habitudes ont été prises dans l’économie mondiale et dans le fonctionnement de nos sociétés, c’est-à-dire presque une génération…une génération “pourrie-gâtée”. Rappeler à l’ordre, ce n’est pas forcément revenir en arrière. Oui à la nécessité du changement par l’innovation et la recherche, mais aussi oui à la nécessité du changement par la régulation et la sanction des comportements irresponsables. Changer de technologies pour moins de consommation et de pollution oui, mais aussi changer d’idéologie…le retour aux fondamentaux n’est pas réactionnaire.